LA RECHERCHE

                                                 

                                                 

                                                 

     

       

 

Les stages
Les méthodes
Lien Wikipedia
Les photos aériennes
La Direction de l'Archéologie
 

 La fortification protohistorique et le site néolithique

 d'Olloy-sur-Viroin 2009

  Eugène Warmenbol, Jean-Luc Pleuger

       Index | Sommaire | Stages été | Inscription | Stages d'archéologie | Patrimoine | Publications | Contact

 
Liens publiés
 

Olloy 2004-2005

Olloy 2005

Olloy 2006

Olloy 2007

Olloy 2009

 
 

 

 

Coordonnées Lambert, calculées par station totale (réseau GPS WALCORS),
Coordonnées 72 ;   Z=DNG   ; Borne XY0:   X=165994,832  Y= 85148,523
précision: 1,07cm ;  Z= 215,106m    précision: 3,10cm ;
parc. Cad. Viroinval, Dourbes, 8e Div., 2e feuille, nos 919, 920, 585, 584, 577m, 586p et 586l 

 

FOUILLE DE LA PORTE OCCIDENTALE

 

La porte occidentale, orientée face au versant ouest donnant sur le Viroin, est déjà protégée à l’extérieur de la fortification par une pente rocheuse dont la déclivité est très marquée.

Nous avons été surpris par la robustesse de la structure, d’autant qu’avant la fouille le terrain marquait une ouverture dans les remparts relativement étroite (trois mètres tout au plus à la base) et une entrée parfaitement horizontale, dans la largeur du chemin existant, mais aussi sur son côté sud (au moins sur quatre mètres) et au nord (environ un mètre cinquante).

Au vu de l’importance du travail que constitue la fouille de remparts protohistoriques, la largeur de la « tranchée » d’investigation avait été calculée en fonction de l’ouverture encore visible de la fortification, de façon à recouper celle-ci de part et d’autre, soit 3 mètres 75 sur une longueur de 25 mètres. Il s’est avéré que la porte n’avait pas tout à fait l’orientation du chemin actuel et qu’elle était plus large que la trouée du rempart. La fouille de cet accès à la fortification devra donc être poursuivie en 2010, lors de notre prochaine campagne ; la fouille a d’ailleurs été laissée ouverte en vue de l’achèvement du travail.

                           Fragment de maxillaire inférieur humain provenant du fossé de la fortification, au droit de la porte occidentale

 

Le fossé, profond de 1 mètre 42 à l’endroit du profil  nord, de 1 mètre 64 à l’endroit du profil  sud et large de 4 mètres 07 au nord de la fouille, de 4 mètres 32 au sud de la fouille, est traversé par un massif de roche horizontal bien taillé de 4 mètres 30 de large constituant un passage, en alignement avec deux trous de poteau qui constituent la poutraison verticale de la paroi nord du couloir d’accès. L’autre partie du couloir, au sud, reste encore à dégager. Le fond du fossé a une allure horizontale, tandis que les bords sont taillés plus ou moins verticalement. Le flanc rocheux nord du passage d’accès fait apparaître la trace taillée en « auge» d’une phase plus ancienne de creusement du fossé. Cette trace est encore visible dans le profil opposé nord, sous forme de plusieurs pierres plates épousant cette forme en « auge ».

 

Les trous de pieux sont d’une dimension plus importante (entre 49cm et 71cm de diamètre) que ceux dégagés en 2006 lors de la fouille de la porte du rempart oriental. Une série de trois trous (17004, 17005 et 17007) creusés en pleine roche calcaire, sont alignés sur le bord nord du « pont » rocheux de l’entrée ; l’écartement entre les poteaux du « couloir » est de 2 mètres 67, leur profondeur est de…par rapport à la surface rocheuse ; un quatrième semblerait être « central » à l’arrière du couloir ; il n’est en tous cas ni aligné sur les autres, ni sur le bord sud du passage rocheux. La fouille 2010 nous en donnera le plan complet, bien que celui-ci soit déjà très compréhensible, de par l’excellente conservation des vestiges.

 

Un parement en pierres calcaires plates, dont les trois tas restants sont bien alignés verticalement a été recoupé par les deux profils, de part et d’autre de la « tranchée » d’investigation, en retrait de 1m55 du fossé. Les éléments de poutraison verticale ainsi que ce parement et quelques petites fiches en fer sembleraient faire dater cette porte de la Tène finale avec un rempart de type « Murus Gallicus », comme le rempart oriental, mais n’oublions pas que les poteaux sont plus massifs et que l’on décèle deux périodes dans la construction du fossé. Les datations radiocarbone pourront vraisemblablement nous aider à en déterminer la chronologie plus précisément.  

 

Le matériel recueilli est beaucoup moins abondant en éclats de silex que le secteur du rempart occidental fouillé en 2005, situé plus au sud. Par contre le matériel osseux humain est abondant, surtout dans le fossé, et en périphérie du passage rocheux avant (plusieurs maxillaires inférieurs, quelques fragments de calottes crâniennes et de nombreuses dents), ce qui fait penser aux pratiques de mutilations et d’expositions de têtes coupées de l’époque.

Du matériel en fer, tels que clous, petites fiches, mais aussi pointe de lance ont été mis au jour à l’intérieur du couloir ainsi que quelques fragments de poterie noire.

 

 Plans de fouille

"Pont" rocheux, vers le sud.

 

                               Pointe de lance en fer (Tène finale)

 

 

 

Fossé, profil Nord

 

Bibliographie

 

ANONYME, 1965. Vestiges archéologiques, Olloy-sur-Viroin et la région. Bulletin bimestriel de l'U.C. Olloy Syndicat d'Initiative Générale, XII, p. 37-38.

BEQUET A., 1888. Nos fouilles en 1885, Annales de la Société Archéologique de Namur, XVII, p. 249-251.

BEQUET A., 1890. Relevé des retranchements fortifiés sur les hauteurs, Annales de la Fédération Archéologique et Historique de Belgique, VI, p. 225-226.

CAHEN-DELHAYE A. & JADIN I., 1986. Fouille d'un 'murus gallicus' à Lompret (Hainaut), Infos-Archéo, 12, p. 3-7.

CAHEN-DELHAYE A. & JADIN I., 1990. La place forte de Lompret (Sud du Hainaut belge). In LEMAN-DELERIVE G. (dir.), Les Celtes en France du Nord et en Belgique. VIe-Ier siècle avant J.-C., Bruxelles, Crédit Communal, p. 51-55.

DOYEN J.-M.  & WARMENBOL E., 1981. La fortification protohistorique d'Olloy-sur-Viroin, Bruxelles (Publications ... Amphora, XI).

DOYEN J.-M. & WARMENBOL E., 1984. La fortification protohistorique d'Olloy-sur-Viroin (province de Namur, Belgique). In CAHEN-DELHAYE A. et alii (éd.), Les Celtes en Belgique et dans le Nord de la France. Actes du 6ème Colloque de l'A.F.E.A.F., tenu à Bavay et Mons Lille (Revue du Nord, n° spécial hors série), p. 171-179.

ECKHARDT H., 1996. Pfeil und Bogen. Eine archäologisch-technologische Untersuchung zu urnenfelder- und hallstattzeitlichen Befunden, Espelkamp, Verlag Marie Leidorf (Internationale Archäologie, 21), 436 p.

 

STERCKX C., 2005. Les mutilations des ennemis chez les Celtes préchrétiens, L’Harmattan.

 

 

WARMENBOL E. & PLEUGER J.-L., 2006. La fortification protohistorique d'Olloy-sur-Viroin (Namur). Campagnes de fouilles 2004 et 2005, Lunula. Archaeologia protohistorica, XIV, p. 135-138.

WARMENBOL E. & PLEUGER J-L. 2007 ; Viroinval / Olloy : fouilles 2004 et 2005 sur la fortification protohistorique du « Plateau des Cinques », Chronique de l’Archéologie wallonne, 14, p.189-192.

Sources

 

FECHNER K., 2004.Olloy-sur-Viroin. Rapport de terrain pédologique de la visite du 19 juillet 2004. Rapport interne.

 

photographies hors publications
 
 
 
Clous et petites fiches en fer (La Tène Finale)
Tessons de poterie noire
Pointe en silex
Fragment de calotte crânienne humaine (fossé)
Plaquette de cuivre et anneau en bronze
Un trou de poteau de la porte
Vue de la fouille