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  Tirs au propulseur et au boomerang

 

Des stages d’archéologie expérimentale sont organisés chaque année en hiver, pour les stagiaires qui ont participé à un chantier de fouilles (chantier d’été ou de la période de Pâques).

Q’est-ce que l’archéologie expérimentale ? C’est , comme son nom l’indique, expérimenter les techniques anciennes, les revivre, en quelque sorte, et naturellement les analyser scientifiquement de manière à les comprendre. C’est, en d’autres mots, retrouver le savoir-faire des « Anciens » et par là mieux interpréter la fouille archéologique.

Lors des stages, les expériences sont contrôlées au moyen d’appareils de mesure ( des pyromètres, par exemple, pour contrôler la température des fours à poteries ou des bas-fourneaux de réduction du minerai de fer). Les données sont traitées en temps réel par informatique.

 

Les expérimentations :

 

Archeostage s’est spécialisé dans les expérimentations touchant les « arts du feu », la céramique ou la métallurgie par exemple. La maîtrise du fonctionnement des fours demande en effet beaucoup d’expérience et c’est dans ce domaine que les expérimentations étaient sans doute les plus indispensables. D’autres types d’expériences ont été et sont effectuées : celles ci sont plutôt à définir comme « archéologie vivante » (vivre l’archéologie à travers certaines techniques) : la taille du silex, le tir (propulseur, arc, boomerang, arbalète…).

 

1. Les coulées d’objets en bronze :

1. Moules bivalves 

2. Résultat d’une coulée d’une hache à talon (type Age du Bronze). 

3. Fonte du métal

 

Deux étapes sont nécessaires, dans ce type d’expérimentation : la fabrication du moule en terre sur base d’un négatif généralement en cire et la fusion du bronze (cuivre et étain, parfois plomb) avec coulée du métal dans les moules.

 

2. La réduction du minerai de fer :

4. Petit massiot de fer, résultat d’une réduction.

5.  L’aire de réduction (le fourneau, les soufflets, les sacs de charbon de bois)

6. Le soufflage

7. Le palier des 1000°C.

8. Les apprentis métallurgistes au chevet du bas fourneau, pendant une partie de la nuit…

9. Chargement en charbon de bois

10. Chargement du fourneau en minerai et cendres de fougères (fondant) 10. Réduction et défournement

11. Le massiot de fer apparaît (t°=environ 1350°C)

 

A l’époque romaine, on fabriquait des lingots de fer à partir d’un minerai : la limonite. Des expérimentations de cette technique sont effectuées ; de nombreux essais ont été nécessaires (plus d’une centaine) pour maîtriser cette technique, qui est peut-être la plus complexe en matière d’archéologie expérimentale. Le minerai de fer est donc réduit (enrichi en carbone, sous l’effet de la chaleur –environ 1300 degrés C.- ) dans un bas-fourneau en terre, à l’aide de charbon de bois. L’opération prend environ 14 heures et nécessite plus de 1000 litres de charbon de bois, pour un massiot de fer de 10 kg.

 

3. La fabrication et la cuisson des pots :

12. Quelques résultats d’une cuisson de vases sigillés.

Il est intéressant d’expérimenter également la fabrication des poteries, bien que les céramistes actuels ont l’expérience en ce domaine. (Certains types de fabrications sont cependant peu ou pas connues, comme, par ex. la sigillée gallo-romaine.) On expérimente également les glaçures et les différents traitements de surfaces, ainsi que la cuisson en meule ou dans des fours artisanaux en argile. La conduite du feu est là très délicate, car la moindre différence de température un peu trop rapide fait tout éclater dans le four ou la meule, contrairement aux expériences métallurgiques. Le travail de cuisson dure souvent plus de 10 heures.

 

4. La faudre :

13. Montage d’une meule de 13 stères. 14. Mise à feu.

La fabrication de charbon de bois à l’ancienne (le charbon de bois était utilisé en métallurgie, à l’époque romaine notamment ) demande une grande expérience dans la conduite du feu. Une meule d’une ou plusieurs dizaines de stères de bois est construite, avec une cheminée d’allumage centrale. Le bois est « cuit » à l’étouffée pour obtenir le « charbon de bois ». L’opération prend entre 72 et 120 heures, suivant grandeur de la meule et nécessite une surveillance constante.

 

5. La fonderie sur sable :

15. Coulée d’aluminium dans un double moule rempli de sable de fonderie (sable noir après quelques utilisations).

La fonderie sur sable est utilisée depuis le Moyen-Age pour mouler la fonte, sortie des haut-fourneaux (remplacent les bas-fourneaux des époques celte et romaine, bas fourneaux qui furent quand même encore utilisés localement jusqu’au 18e s.). Les pièces à mouler sont enfermées dans un cadre double rempli de sable de fonderie, puis séparées du moule. L’espace ainsi restant est rempli de fonte en fusion ; dans ce cas la fonte de fer est remplacée pour l’expérience par de la fonte d’aluminium, dont la température de fusion est beaucoup plus basse ; cela nous évite de devoir utiliser des cubilots et rend l’expérimentation plus simple et moins coûteuse à réaliser.