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Sommaire
I. Introduction
a) Situation topographique
1. Situation géographique
2. Situation géologique
b) Cadre historique
c) Aperçu des recherches antérieures
II. Examen archéologique - description du site
a) Etude physique
b) Les vestiges
c) La fouille
d) Le matériel archéologique
1. Inventaire lapidaire
2. Inventaire du matériel recueilli
e) Conclusion
I. a) Topographie
1. Situation géographique
Le site de l’ “Ancienne Eglise Saint-Lambert” est occupé par un château
médiéval (le château du MOUSTY), sur lequel fut construite une église des
Temps Modernes (1606), dédiée à Saint Lambert. L’ensemble se situe au centre
du village de Nismes (viroinval), dans le sud de la province de Namur,
surplombant le cours de l’ “Eau Noire” d’une trentaine de mètres.
2. Situation géologique
Les ruines se situent en “Calestienne”, zone de calcaire dévoniens entre la
Fagne schisteuse (au Nord) et les grès de l’Ardenne (au Sud). Le sous-sol
immédiat du site est formé d’une alternance de bancs calcaires et de schiste
calcareux.
Un bras de l’ “Eau Noire” trouve sa résurgence, après un cours souterrain de
plusieurs kilomètres, au pied des murailles.
I. b) Cadre historique
Ancienne dépendance de la châtellenie de Couvin sous l’Ancien Régime, Nismes
est un lieu stratégique de par :
- l’ importance militaire : situé dans le complexe défensif de la “trouée de
l’Oise”, zone d’invasions constantes facilitées par les voies antiques.
Coincée entre les massifs forestiers de la Fagne au N. et de la Thiérache au
S., cette voie stratégique permettait en effet de relier facilement
Vervins-La-Capelle et ainsi Paris, à la Basse-Meuse, puis aux Pays-Bas
hollandais via Namur et Liège.
- l’ importance économique : importants gisements miniers locaux, base d’une
métallurgie florissante depuis la haute Antiquité jusqu’en 1860. Les
seigneurs locaux et plus tard les baillis étaient tous maîtres de forges et
fourneaux, comme leurs ancêtres celtes, gallo-romains et francs.
Le relief régional a favorisé, dès le néolithique, l’implantation d’un
certain nombre de fortifications accrochées aux promontoires qui dominent
les 3 vallées.
On peut citer les oppida à éperon barré d’Olloy-sur-Viroin (15) et de
Dourbes (Roche-à-Lomme et Lineri) (13).
Pour le Bas-Empire, la butte aux Roches (9) à Couvin et les 2 éperons de La
Roche Trouée (10) et Sainte Anne (11) à Nismes.
De belles séries monétaires prouvant une occupation des lieux pendant le IVe
S. après J.C. ont été retrouvées dans ces refuges temporaires à surface très
exigüe.
Les villas du Bas-Empire sont nombreuses dans la Calestienne comme en
témoigne les substructions découvertes dans les Bois des Noëls à
Matagne-la-Grande et la villa et les temples de Bieure à Matagne-la-Petite.
A l’époque du Haut-Empire, le tracé du diverticule vers Saint Quentin est
aisément décelable dans la région mosane mais fugitif dans le secteur
nismois; on le fait passer au pied de la Roche-à-Lomme ou à quelques 600
mètres au nord de ce promontoire sur les hauteurs du Franc-Bois. Il
préfigure la fameuse Trouée de l’Oise bien connue dans le Moyen-Age.
Les villas et les nécropoles de cette époque y accusent une bonne densité (2
à 5 et 6 à 8). Les trésors récoltés à Nismes, Dailly et Petigny furent
généralement enfouis dans le dernier quart du IIIe S.
Pour le IVe S. on ne connait que le trésor monétaire de Pesche.
Les nécropoles mérovingiennes (Dourbes, Nismes, Petigny) ne sont pas rares
(19 à 22).
Au Moyen-Age, on relève les célèbres châteaux de Nismes, Dourbes,
Haute-Roche et de Fagnolle (16-18).
Au déb. du Xe S., l’entre Sambre et Meuse appartenait presque entièrement au
comté de Namur, issu directement du “pagus” de Lomme.
Mais la perte successive au XIe S. de Florennes et de Vierves, puis de
Beaumont, Chimay et Couvin devait permettre au prince-évêque de Liège de
s’implanter solidement dans la région, garanti par ses forteresses, ou
“castra”, de Couvin, Florennes et Sautour.
En 1148, le prince-évêque Henry de Leyden fait restaurer les châteaux du
pays afin de défendre plus sûrement l’extrême SO de la principauté (et la
“Trouée de l’Oise”) enclavé entre le royaume de France et les comtés de
Hainaut et de Namur et le duché de Luxembourg. Le castel de Nismes est
agrandi . 1218 sera, en principe, l’époque de la plus grande extension du
château fort de Nismes.
Déb. XVe S., c’est sous la tutelle de Marie de Namur que la châtellenie de
Couvin (comme tout le pays de Liège) va connaître les désastres causés par
l’expansion bourguignonne.
Dès 1408, les villes se liguent pour défendre leurs privilèges contre le
prince-évêque Jean de Bavière (beau-frère du nouveau duc de Bourgogne Jean
sans Peur).
En mai 1408, elles se révoltent et assiègent Jean de Bavière dans Maestricht.
Le 23 sept. 1408 les troupes liégeoises sont écrasées par Jean sans Peur.
C’est la sanglante bataille d’Othée.
La répression est lourde et immédiate : meurtres, pillages et destructions.
Les villes perdent toutes leurs libertés. Elles se doivent de rentrer tous
leurs documents, chartes et privilèges à Mons; les murailles de toutes les
fortifications et les maisons fortes doivent être rasées, les fossés comblés
pour 100 ans. Le château de Nismes a, sans doute, subi le même sort.
En 1418, l’empereur d’Allemagne Sgismond lève la sentence de 1408 et rétabli
les libres institutions.
V. 1425, Henri de Witthem peut donc faire rétablir le castel de Nismes, le
limitant cependant à la partie basse.
En 1468, suite à une nouvelle révolte des Liégeois contre le duc de
Bourgogne Charles le Téméraire, se produit le sac de Liège et, en 1469; un
détachement de 300 soldats bourguignons exécute la sentence et démolit
(partiellement) les remparts de Couvin, Nismes, etc.
Le “siècle des malheurs” se termine par la mort de Téméraire devant Nancy en
1477 et l’avènement, en 1478, de Marie de Bourgogne qui rend son perron à
Liège et sa neutralité à la principauté.
Dès le déb. du XVIe S. éclatent les guerres franco-espagnoles et la “trouée
de l’Oise” livre à nouveau passsage aux armées royales et impériales avec
leur lot de réquisitions et de misères.
En 1538 et 1543, le prince-évêque Robert de Berghe fait remettre en état les
forts de Couvin et des environs. Les châteaux vivent cependant leurs
dernières heures : le moyen-âge a pris fin un siècle plus tôt, les murailles
ne résisteront plus à l’artillerie.
Les places fortes de Mariembourg (créé en 1546 par Marie de Hongrie, soeur
de Charles Quint), Charlemont - Givet et Philippeville (1555) et
s’implantera sur la Sambre à Maubeuge.
Dès 1554, le roi de France Henri II fait pénétrer ses troupes dans l’entre
Sambre et Meuse, prend Chimay, Couvin, Fagnolle et Haute-Roche (Dourbes).
Couvin et Dailly sont brûlés, la forteresse de Mariembourg est prise.
L’année suivante, le duc de Nevers est battu par les troupes de Guillaume le
Taciturne qui détruit les châteaux de Couvin, Fagnolle et Boussu,
“avant-postes” de Mariembourg.
On n’a pas de trace écrite de la destruction du site de Nismes. Cependant,
les traces archéologiques permettent de dire qu’il a été pris en 1555.
Entre 1585 et 1606, l’église a été rebâtie et agrandie : elle est coiffée
d’un grand toit à 4 pans. Désaffectée en 1845, son clocher est démoli en
1846-1850 et les murs servirent de carrière de pierres jusqu’en 1910.
En marge de ces grands conflits, le passage incessant des troupes armées
obligea les populations à s’organiser en milices rurales.
Un peu partout dans les campagnes, l’église ou sa tour a dans bien des cas
servi d’ultime refuge aux villageois sans défense.
Sans avoir connu le développement spectaculaire des moyens défensifs mis en
oeuvre dans les églises de la Thiérache française, maînts édifices du culte
furent cependant protégés par les murailles fortifiées du cimetière, tel à
Nismes, ou à Doische et Gimnée.
I. c) Recherches antérieures
Le manque total de sources d’études et de rapports probants antérieurs a
constitué un réel handicap lors de la reprise des fouilles. Seules quelques
sources iconographiques étaient connues avant la fouille de 1991 :
- tunicelle du XVe S. : montre l’église Saint Lambert et Marie. A l’arrière
plan, grand corps de bâtiment du castel avec ses 2 tours et immense toit
d’ardoises.
- croquis de 1545 : édifice avec clocher à bulbe. Remplace celui détruit en
1408 (chapelle castrale du château fort de 1148).
- document iconographique : extrait du projet de 1546 du territoire à
concéder à l’érection de la forteresse de Mariembourg et remplacement prévu
des bornes (A.G.R., cartes et plans, n°6.491).
Le site seigneurial de Nismes est représenté. Le document indique ce qui
subsiste du castel à destination principale d’église fortifiée, avant sa
destruction de 1555, entouré du manoir, de la brasserie et, à
l’arrière-plan, la tourelle toujours intacte.
- peintures d’Octave Tamboise qui fixe en plusieurs toiles les phases de la
destruction de l’église à partir de 1891.
Investigations mal documentées en 1934 et 1974-75. Ces fouilles ont porté
essentiellement sur le dégagement de la moitié avant (côté choeur) de
l’église 1606 sans descendre au-delà du niveau de 1545.
Les niveaux ont été malheureusement bouleversés à maints endroits et les
dallages démontés. Les déblais ont été stockés à l’arrière de l’église et
dans le cimetière (une grosse partie du travail de dégagement actuel du site
a d’ailleurs consisté à les évacuer en dehors de l’enceinte).
Divers sondages avaient été exécutés à l’époque en longeant les murs
extérieurs, rendant le repérage des tranchées de fondation extrêment
difficile.
Seul le plan général de l’église 1606 pouvait être perçu au début des
fouilles de 1991.
Une partie de la basse-cour de la forteresse étant occupée par des potagers,
était restée intacte.
II. a) Etude physique
Le site de l’ancienne église Saint Lambert est occupé par une fortification
située sur un promontoir isolé sur 2 flancs.
L’axe du promontoir est orienté SO - NE et celui-ci est divisé en 3 parties
: la partie supérieure côté NE occupée par l’emplacement d’un chatelet ou
fortification avancée, protégé à sa partie supérieure par une fossé profond
encore visible actuellement; la partie centrale est occupée par l’église
1606 et celle de 1545 intégrées dans l’ancienne fortification.
Les bandes de roches alternativement schisteuses et calcaires y affleurent
encore en maints endroits.
La partie inférieure est occupée par le cimetière fortifié entourant
l’église de 1606 et se situe apparemment en grande partie à l’extérieur de
l’ancienne fortification.
L’ensemble du site surplombe d’une trentaine de mètres la résurgeance de
l’Eau Noire qui constitue une défense naturelle supplémentaire.
L’accès à la fortification médiévale se faisait par le plateau surplombant
l’ensemble, tandis que l’accès tardif au cimetière se trouvait côté vallée,
comme en tamoigne une porte monumentale dans l’enceinte extérieure, bouchée
sans doute après 1845.
II. b) Les vestiges (*)
Sur le site de l’ancien château détruit en 1554 lors des guerres de Charles
Quint, subsistent les ruines de l’église paroissiale (1606) et de son
cimetière fortifié.
L’édifice comporte 3 nefs. Il fut désaffecté en 1845 au profit d’une
nouvelle église, puis démoli en 1890.
Certaines substructions du château ont conditionné l’architecture
ultérieure. Les ruines de l’église laissent percevoir en élévation une
évolution complexe.
Des vestiges d’une mononef longue et étroite occupent la moitié S. de
l’édifice.
Le mur gouttereau N.O. de la mononef n’est plus perceptible que par quelques
pierres de son parement intérieur et par un arrachement visible dans la
paroi S.O. Deux fenêtres de tradition gothique : l’une à l’E., dont la base
subsiste, désaxée par rapport aux 3 nefs actuelles, l’autre au S. antérieure
au mur de refend auquel s’adossa un autel latéral : grande baie en arc brisé
partiellement reconstitué en 1935, dont l’encadrement est profondément
mouluré en cavet. Chevet affectant 2 retraites en faible cavet. Au niveau
inférieur, porte bouchée en anse de panier.
Vers l’extrémité occidentale, bases de la porte d’entrée aux montants en
cavet et congé. A terre, épais linteau droit, brisé, de même profil. La
paroi O. cloture en même temps le cimetière.
Eglise ensuite doublée vers le N. pour créer 3 nefs.
Chevet épaulé par un contrefort cachant la jonction des 2 parties. Chaîne
d’angle gauche et canonnière; grosse chaîne d’angle à droite.
Mur gouttereau N. venant buter contre un mur perpendiculaire d’une épaisseur
de 1,50 m.
A l’opposé, trace d’une fermeture de l’enclos du cimetière :
perpendiculairement à l’église, éléments d’une porte en anse de panier, dont
la feuillure de rabat est épargnée dans le mur gouttereau S.
Remplacement des supports intérieurs gothiques par six colonnes toscanes
encore partiellement en place.
Enceinte du cimetière plusieurs fois reconstruite, longée à l’E. par le rue
Vieille Eglise où se situait l’entrée.
Du côté de la rue Saint Antoine au N., muraille fondée sur le rocher et
rejoignant plus haut la seule tour encore debout de l’ancien château, à
l’angle N.O.
Modeste tour circulaire de 3 niveaux dont les arquebusières et les petites
baies à bossages témoignent d’une large reprise au XVIIe S.
Toiture d’ardoises polygonale, à coyau, sur corbeaux de bois parfois encore
profilés.
Vers le cimetière survivent les restes d’une porte à linteau de bois, accès
colmaté d’une courtine perceptible à ses arrchements.
Fondation d’une seconde tour d’enceinte sous la maison située en contrehaut.
(*) d’après Le patrimoine monumental de la Belgique. Wallonie. Vol. 9.
Province de Namur. Arrondissement de Philippeville. T.2 (P-W), Liège, 1982,
p.435-436.
II. c) La fouille
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Plan de fouille église 1606 |
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1991
Le choeur de l’église 1606 a été dégagé en sa totalité jusqu’au
niveau du dernier dallage. Deux pierres tombales sont apparues ainsi
qu’un fragment de pierre d’autel au centre.
Côté N. une pierre en attente lisse tandis qu’au S. une pierre
portant la mention “YDELETTE RYCKMA QUI FU FEME A LOY DE HORNE”
(épouse du Bailli au XVIe S.).
Le dallage était bien conservé en la moitié N. du choeur.
De nombreux boulversement, résultat des fouilles anciennes, étaient
visible dans la partie S. ainsi qu’au centre du choeur.
Le tiers S. a été dégagé sur 6 niveaux plusieurs sépultures ont pu
être remises à jour.
Deux maçonneries ont été dégagées sous ces niveaux.
1992
Après étude archivistique, une porte du mur Est du chevet, qui avait
été bouchée sans raison lors des travaux de consolidation de 1934, a
été réouverte (après relevés et photographies de l’état antérieur).
Cette ouverture a permis l’installation d’une rampe mobile pour
l’évacuation des déblais.
L’ensemble de la partie Sud du choeur de l’église a été dégagé.
La mise à jour et l’étude d’enduits et d’un lit de pose du dallage
du mur Sud, ainsi que l’analyse d’une coupe stratigraphique
effectuée dans le mur Ouest, séparant le choeur du bas-côté Sud, a
permis d’établir trois niveaux de dallage successifs ayant appartenu
à l’édifice religieux. Ceux-ci appartiennent à l’église 1606 (3
nefs) et à une chapelle castrale (mononef) de 1545.
Sous le niveau du premier dallage, deux murs de facture différente,
déjà mis à jour en juillet 1991, ont été dégagés, à nouveau. Ces
deux structures nons-orientées et non-orthogonales sont d’un intérêt
primordial et pourraient appartenir au château détruit en 1554.
Divers indices semblent servir cette hypothèse : mur Est épais (123
cm) avec parementage régulier et, côté Ouest, traces d’enduits et
trou de solive; face supérieure des murs arrasée sous le niveau du
dallage le plus ancien.
L’ensemble des structures ont été relevées et photographiées.
Sept sépultures, toutes recouvertes d’une épaisse couche de chaux,
ont été découvertes sous le niveau du premier dallage. L’inhumation
semble être contemporaine et daterait d’une épidémie de peste
survenue en 1626-1627.
Une ou plusieurs fosses auraient été créées sous le dernier dallage
(XVIIe S.), comme en atteste une traçe de fosse observée dans la
stratigraphie du mur du bas-côté S. Ces tombes ont été fortement
perturbées lors des investigations sauvages de 1934 et 1974-75.
L’éventualité de fosses communes n’est pas exclue, toutefois
certaines traçes de cerceuils ont été repérées. Aucun matériel n’a
été trouvé dans les sépultures.
1993
Les travaux se sont limités à la poursuite du dégagement de la
partie S.E. du choeur, ainsi qu’à la fouille d’une partie de la nef
N.O. Un sondage à l’extérieur de l’édifice, côté S.E., a été ouvert.
Les fouilles 1993 ont permis la mise àjour des vestiges d’une
mononef du XVIe S., occupant la moitié S.E. de l’église de 1606. Les
substructions ne laissent plus apparaître que quelques pierres du
parement inférieur et une pile de soubassement de l’autel. La pierre
d’autel a pu être mise à jour lors des fouilles de la nef N.O.,
ayant servi de base pour la fondation de l’autel secondaire de
l’église de 1606.
Sous la mononef, côté N.E., apparaissent plusieurs tronçons de
maçonnerie, de factures, mortiers et orientations différentes. Ces
murs pourraient appartenir aux différentes phases de construction et
modifications de l’ancien château sous jacent, détruit en 1554, lors
des guerres de Charles Quint.
Sous la nef N.O. de l’Eglise 1606, les traces de fondations d’un mur
longitudinal d’une épaisseur moyenne d’environ 1m80 apparaissent par
endroit sur la roche (calcaire-schiste). Les fondations de ce mur
ont été conservées sous les colonnes et le mur N.O. du choeur de
l’église 1606 et leur servent d’assises.
Une fosse de bronzier d’un diamètre de 1m50 a été dégagée sur 1m60
de profondeur. Elle est creusée dans le schiste et de nombreux
déchets de métal ont été récoltés aux alentours.
1994
Sous le choeur de l’église 1606 et la mononef, fortement perturbés
par plusieurs niveaux de sépultures, apparaissent des tronçons de
maçonnerie de facture, mortiers et orientations différents, ayant pu
appartenir aux fondations de la forteresse sous-jacente, ainsi qu’à
une chapelle castrale dont la destruction est attestée dans les
textes en 1408. La phase la plus ancienne découverte jusqu’à présent
occupe la partie N.O. du choeur 1606, attestée par une mite du
Prince Evêque Arnould de Hornes (1379-1389) enfouie dans la tranchée
de fondation. Les autres maçonneries appartiennent vraisemblablement
à 5 autres périodes de transformation de la fortification, au vu de
l’épaisseur importante d’une partie des murs (1m50 à 1m80).
1995
Les investigations ont porté sur cinq secteurs de fouille, à savoir:
- à l’intérieur de l’église à 3 nefs de 1606:A - le secteur de la
nef centrale
B - le secteur arrière nord
- à l’extérieur, dans l’enceinte du château médiéval sous-jacent:
C - le secteur nord, au droit du clocher 160
D - le secteur est, adossé au chevêt
E - le secteur sud, adossé à l’entrée primitive
La fouille des deux secteurs intérieurs a permis de terminer
l’examen de toute la zône limitée par les quatre murs extérieurs de
l’église: quatre sépultures creusées dans le schiste ont été
dégagées, en relativement bonne conservation, sans aucun mobilier
funéraire, à l’exception de plusieurs monnaies accompagnant les
cercueils. Plusieurs d’entre elles portent la trace du ou des clous
de fixation.
1. Liard (cuivre), Maximilien-Henri de Bavière, Principauté de
Liège, atelier de Hasselt, entre 1650 et 1688
2. Demi liard (cuivre), idem
3. Double courte (cuivre), Philippe II, Duché de Brabant, atelier
d’Anvers, vers 1571.
Ces quatre sépultures sont apparemment contemporaines de la mononef
sous-jacente (voir rapport de la campagne précédente), mononef du
16e siècle, existante en 1545, ou de l’église à trois nefs dont la
fin de la construction date de 1606.
La fouille de la zône B a permis de dégager l’entièreté du dallage
arrière, enfoui sous plusieurs mètres de remblai datant de la
désaffectation et la démolition partielle de l’immeuble, vers
1846-1850 et des anciennes fouilles du début du siècle.
Les zônes C, D et E sont encombrées également par plusieurs mètres
de remblai datant des fouilles de 1936 et des années soixante. Ces
dépôts anarchiques gênent considérablement la fouille et seules
quelques structures sous-jacentes, datant sans doute de la
fortification prise par Henri II en 1554 (dite “Château du Mousty”),
ont pu être exhumées partiellement.
1996
Les investigations ont porté sur les trois secteurs de fouille
prévus dans la demande 95, à savoir:
- à l’intérieur de l’église à 3 nefs de 1606: Zone 1: la
continuation de la fouille du secteur Nord du choeur.
- à l’extérieur de l’église à 3 nefs: Zone 2: le secteur Est du
cimetière.
- à l’extérieur, dans l’enceinte du château médiéval sous-jacent:
Zone 3: le secteur Ouest, occupé par le “chatelet” ou fortification
avancée du chateau du Mousty.
A. ZONE 1:
La zone 1 a permis de mettre à jour un moule à cloche datant
vraisemblablement de la construction de la mononef, antérieure à
l’église de 1606, et construite (d’après les textes) après 1408,
incendiée en 1555 lors de la prise du château du Mousty par les
armées d’Henri II.
Les plans et coupes de ce moule ont été effectués, et 24
prélèvements ont été effectués par le Centre de Physique de Dourbes
(Mrs HUS et GEERAERTS) en vue de leur datation par archéomagnétisme.
Le profil complet Est-Ouest coupant le choeur et la structure du
moule à cloche a été effectué.
B. ZONE 2:
La zone 2 a fait l’objet de travaux importants de dégagement des
remblais anarchiques issus des fouilles de 1934 et des années
soixante. Plus de 700 tonnes de remblais stériles ont été évacués du
site, après leur triage en vue de conserver sur place les pierres
calcaires qui seront nécessaires aux consolidations futures des
substructions qui resteront mises à jour.
C. ZONE 3:
La zone 3 a fait l’objet d’un corroyage de 5m sur 5m avec bermes de
2m de large. Une tranchée perpendiculaire à la tour Nord-Ouest a
recoupé la fondation de cette tour et a permis d’effectuer plusieurs
profils du remplissage de la zone, jusqu’à la profondeur de 4mètres,
sur le schiste en formation en place.
La fouille de cette zone a permis de recueillir successivement du
matériel céramique peu abondant de Bouffioulx, d’Andenne, et de la
poterie grise.
1997
Les investigations ont porté sur 4 secteurs de fouille prévues dans
les demandes 95 et 96, à savoir :
- à l’intérieur de l’église à 3 nefs de 1606 : Zone 1 : la
continuation de la fouille du secteur Nord du
choeur.
- à l’extérieur de l’église à 3 nefs : Zone 2a : le secteur Est du
cimetière.
- à l’extérieur de l’église à 3 nefs : Zone 2b : le secteur Nord du
cimetière.
- à l’extérieur, dans l’enceinte du château médiéval sous-jacent :
Zone 3 : le secteur Ouest, occupé par
le “chatelet” ou fortification avancée du chateau du Mousty.
A. Zone 1 :
La poursuite de la fouille de la zone 1 avait pour but d’approfondir
la fouille en vue de recouper éventuellement des maçonneries situées
sous le moule à cloche dégagé en 1996. Seul e une sépulture orientée
SE-NO a été dégagée ainsi que les substructions de la fin du XIVe
siècle en 1 sur le plan.
Les prélèvements effectués en ‘96 par le centre physique de Dourbes
ont confirmés la date de construction de la mononef v.1545.
B. Zone 2a
Le dégagement des remblais issus des fouilles de 1934 et des années
‘60 s’est poursuivi. Aucune structure en maçonnerie n’a été
recoupée. Seules quelques sépultures fortement perturbées ont été
localisées. Il s’agit vraissemblablement d’une zone extérieure à la
fortification médiévale, zone tardive d’agrandissement du cimetière
entre 1606 et 1845.
C. Zone 2b :
Une zone de 5m de large a été ouverte en vue de recuper les
tranchées de fondation du mur d’enceinte exté&rieur du cimetière et
du mur gouttereau Nord de l’église 1606.
D. Zone 3 :
Deux carrés de 5m sur 5m (a et b) ont été ouverts.
Un tronçon de mur de fortification d’une épaisseur moyenne de 1m
carré a à 3m de profondeur. Ce mur est accompagné d’un trou de
poteau qui marque peut être l’emplacement d’une porte. D’autre part
3 zones de foyer ont été localisés dans le carré A et B.
L’ensemble de ces structures a été daté par la présence de quelques
tessons de sigillée dans la tranchée de fondation du mur et l’argile
des foyers de l’époque romaine.
Le matériel archéologique recueilli est très peu abondant.
Le plan de l’enceinte extérieur a pu être dressé.
1998
Les travaux concernant les quatre secteurs de fouille ouverts
précédemment ont été poursuivis.
A. Zone 1 (secteur nord du choeur de l’église 1606):
La fouille a permis de dégager les structures en maçonnerie calcaire
attenantes au moule à cloche, dégagé en 1996. Il s’agit de la fosse
de coulée qui contenait le moule et du cendrier situé en contrebas
du fourneau, dont on n’a retrouvé que l’assise.
La réutilisation de trois faces d’un mur plus ancien (fin du 13e s.)
qui limitait la structure, rendait le plan de l’ensemble difficile à
interpréter au niveau des fonctions de ses éléments constitutifs. La
fosse était encore en partie comblée d’une argile jaune de serrage
du moule et le cendrier contenait une quantité importante de charbon
de bois et de cendres provenant de la chauffe du four. Une datation
radiocarbone va pouvoir être effectuée.
L’ensemble de la stucture se situe à l’intérieur du choeur 1606 qui
lui est postérieur, et à l’extérieur de la mononef qui lui est
contemporaine.
B. Zone 2a (secteur est du cimetière):
Le dégagement de la zône est s’est poursuivie. Il s’agit d’une zône
très pertubée par des déblais et remblais successifs, provenant
notamment des fouilles de 1934 et des années septante.
Une baie et une croix funéraire en calcaire gris encastrée dans le
mur extérieur sud-est ont été dégagées. La pierre est ornée d’un
christ en croix taillé en bas-relief; épitaphe en caractères
gothiques, datée de 1482.
C. Zone 2b (secteur nord du cimetière):
Le dégagement de la zône nord s’est poursuivie. Zône également
perturbée suite aux fouilles antérieures et à la restauration du mur
d’enceinte en 1956.
Aucune structure ni sépulture n’ont été recoupées.
D. Zone 3 (zône occupée par la fortification avancée du “Chateau du
Mousty” ou basse-cour):
La fouille de la zône a pu être poursuivie, au dessus du niveau
d’occupation romain. Elle a permis le dégagement d’une tour
semi-circulaire, qu’on peut dater vraisemblablement d’avant la 2e
moitié du 13e s., suite à la découverte d’une pointe de flèche en
fer dans la tranchée de fondation (type antérieur à 1270).
La tour a dû être arasée à la fin du 15e s. ou au tout début du 16e
s. pour servir de plateforme à canons, comme en témoigne son
remplissage au sable stabilisé sur une hauteur d’environ 1 mètre et
l’arasement horizontal de sa maçonnerie, sur la partie circulaire.
Le matériel archéologique recueilli est toujours très peu abondant.
1999
Les travaux concernant les quatre secteurs de fouille ouverts
précédemment ont été poursuivis.
A. Zone 1 (secteur nord du choeur de l’église 1606) (A):
La fouille a permis de dégager les structures en maçonnerie calcaire
attenantes au moule à cloche, dégagé en 1996. Il s’agit de la fosse
de coulée qui contenait le moule et du cendrier situé en contrebas
du fourneau, dont on n’a retrouvé que l’assise.
La réutilisation de trois faces d’un mur plus ancien (1) (fin du 13e
s.) qui limitait la structure, rendait le plan de l’ensemble
difficile à interpréter au niveau des fonctions de ses éléments
constitutifs. La fosse était encore en partie comblée d’une argile
jaune de serrage du moule et le cendrier contenait une quantité
importante de charbon de bois et de cendres provenant de la chauffe
du four. Une datation radiocarbone va pouvoir être effectuée.
L’ensemble de la stucture se situe à l’intérieur du choeur 1606 (2)
qui lui est postérieur, et à l’extérieur de la mononef (3) qui lui
est contemporaine.
B. Zone 2a (secteur est du cimetière):
Le dégagement de la zone est s’est poursuivie. Il s’agit d’une zone
très pertubée par des déblais et remblais successifs, provenant
notamment des fouilles de 1934 et des années septante.
Une baie et une croix funéraire en calcaire gris encastrée dans le
mur extérieur sud-est (4) ont été dégagées. La pierre est ornée d’un
christ en croix taillé en bas-relief; épitaphe en caractères
gothiques, datée de 1482.
C. Zone 2b (secteur nord du cimetière):
Le dégagement de la zone nord s’est poursuivie. Zone également
perturbée suite aux fouilles antérieures et à la restauration du mur
d’enceinte en 1956 (5).
Aucune structure ni sépulture n’ont été recoupées.
D. Zone 3 (zone occupée par la fortification avancée du “Chateau du
Mousty” ou basse-cour):
La fouille de la zône a pu être poursuivie, au dessus du niveau
d’occupation romain (6). Elle a permis le dégagement d’une tour
semi-circulaire (7), qu’on peut dater vraisemblablement d’avant la
2e moitié du 13e s., suite à la découverte d’une pointe de flèche en
fer dans la tranchée de fondation (type antérieur à 1270).
La tour a dû être arasée à la fin du 15e s. ou au tout début du 16e
s. pour servir de plateforme à canons, comme en témoigne son
remplissage au sable stabilisé sur une hauteur d’environ 1 mètre et
l’arasement horizontal de sa maçonnerie, sur la partie circulaire.
Le matériel archéologique recueilli est toujours très peu abondant.

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Sépulture du
15 e s.
I |
Plan du
site (cimetière et églises) |
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II. d)
Le matériel archéologique
Inventaire lapidaire
a)Relevé lapidaire Maison du Bailli
-Croix ...DRIENNE NIV... 1621
MAYER (Mayeur?)
-Pierres (ex-voto) IHS... PIERRE NOE...1597
-Croix ...FRANCQU NOVEMBRE
-Croix ouvragée ICI GHIST NICOLA RENI 1552
(gothique)
b)Relevé lapidaire nouvelle église St Lambert
-Pierre ...JEAN DU MOUSTIER Seigneur de (Belle Fontaine
et Wissart)... 16 mars 1657
et DAME ISABELLE POSCHET dite de Baileux
(épouse) 14 septembre 1657
-Pierre ...Sébastien de Martin 16 octobre 1616
(latin) André de Martin 30 septembre
1631
Catherine du Moustier 14 octobre 1637
-Pierre ... Jacques Baillet 7 février 1708
(Bailli)
Françoise de Martin 8 septembre
1708
-Dalle ...Jacques Martin 1667 (curé)
(porte le calice des prêtres)
-Dalle ...Augustin Toussaint 20 août 1726
Georges Renatus Toussaint 1748
Martin Joseph Toussaint 9 mars 1767
(curés)
-Dalle ...Michel Licot 8 novembre1757
Marie-Thérèse Joseph Rowez 17 février 1770
c)
Relevé lapidaire ancienne église St Lambert
-Dalle dressée ... Anne Catherine Baillet 27 décembre
1730
-Dalle effacée (?) Marie-Françoise Gaye 6 juin 1725
d)Relevé lapidaire cimetière et ancienne église
-Dalle Ydelette RYCKMA QUI FU FEME A LOY DE HORNE
-Croix cimetière Lorette Parmentier 1584
-Croix N. Renier 3 mai 1597
-Croix Servais Coliche 1674
-Croix Hofman Viresse 1579
-Croix Gilberte 1616
-Croix Pierre Noe Mayeur 1592
e)Relevé lapidaire cimetère zône Est
-Croix ...HENRI THIRY... 1849
f)Relevé lapidaire mur extérieur cimetière
-Croix ornée d’un christ en croix taillé en bas-relief;
épitaphe en caractères gothiques, avec date (1482) et
signe lapidaire (idéogramme ?)
II. e)
Conclusion
Quatre grandes périodes ont pu être
dégagées durant les fouilles 91-97, à savoir:
1)
Période romaine avec le dégagement d’une partie d’un mur
de rempart et plusieurs foyers dans lesquels on a pu
recueillir de la céramique sygillée.
2)
Période médiévale: de nombreuses structures en
maçonnerie ont été observées bien que fortement
détruites par les inhumations successives sur le site et
les fouilles antérieures. Cette
période s’étale d’après les données archéologiques de la
fin du 14ème siecle (v. 1379) jusqu’en 1554,date de la
prise de la forteresse par Henri II .
3)
Première période moderne avec le dégagement de l’église
1545 et son moule à cloche, mononef située sous la
grande église.
4)
Deuxième période moderne: l’église à trois nefs de 1606,
avec son cimetère fortifié occupant le bas du
promontoire.
Les
autres niveaux rencontrés sont des niveaux tardifs de
transformation s’étalant jusqu’à 1845, date de
désaffectation du site.
La
partie médiévale du site devra faire l’objet d’une
extension de la fouille et d’un approfondissement en vue
d’en établir toutes les phases de modification.
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photographies hors publications
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