LA RECHERCHE

 

 

 

     

       

 

Les stages
Les méthodes
Lien Wikipedia
Les photos aériennes
 

 Ancienne Eglise St Lambert et cimetière fortifié

 "Château du Mousty" à Nismes:

 Campagnes de fouilles de 1991 à 1999.

 Jean-Luc PLEUGER, Elisa PLEUGER.

 

 

   Index | Sommaire | Stages été | Inscription | Stages d'archéologie | Patrimoine | Publications | Contact
   
 
   
 

 

Liens publiés
 

St Lambert 2000

   
 
 
 
 

Sommaire

I. Introduction

a) Situation topographique
1. Situation géographique
2. Situation géologique
b) Cadre historique
c) Aperçu des recherches antérieures

II. Examen archéologique - description du site

a) Etude physique
b) Les vestiges
c) La fouille
d) Le matériel archéologique
1. Inventaire lapidaire
2. Inventaire du matériel recueilli
e) Conclusion
 

I. a) Topographie

1. Situation géographique

Le site de l’ “Ancienne Eglise Saint-Lambert” est occupé par un château médiéval (le château du MOUSTY), sur lequel fut construite une église des Temps Modernes (1606), dédiée à Saint Lambert. L’ensemble se situe au centre du village de Nismes (viroinval), dans le sud de la province de Namur, surplombant le cours de l’ “Eau Noire” d’une trentaine de mètres.

2. Situation géologique

Les ruines se situent en “Calestienne”, zone de calcaire dévoniens entre la Fagne schisteuse (au Nord) et les grès de l’Ardenne (au Sud). Le sous-sol immédiat du site est formé d’une alternance de bancs calcaires et de schiste calcareux.
Un bras de l’ “Eau Noire” trouve sa résurgence, après un cours souterrain de plusieurs kilomètres, au pied des murailles.




I. b) Cadre historique

Ancienne dépendance de la châtellenie de Couvin sous l’Ancien Régime, Nismes est un lieu stratégique de par :

- l’ importance militaire : situé dans le complexe défensif de la “trouée de l’Oise”, zone d’invasions constantes facilitées par les voies antiques. Coincée entre les massifs forestiers de la Fagne au N. et de la Thiérache au S., cette voie stratégique permettait en effet de relier facilement Vervins-La-Capelle et ainsi Paris, à la Basse-Meuse, puis aux Pays-Bas hollandais via Namur et Liège.

- l’ importance économique : importants gisements miniers locaux, base d’une métallurgie florissante depuis la haute Antiquité jusqu’en 1860. Les seigneurs locaux et plus tard les baillis étaient tous maîtres de forges et fourneaux, comme leurs ancêtres celtes, gallo-romains et francs.

Le relief régional a favorisé, dès le néolithique, l’implantation d’un certain nombre de fortifications accrochées aux promontoires qui dominent les 3 vallées.
On peut citer les oppida à éperon barré d’Olloy-sur-Viroin (15) et de Dourbes (Roche-à-Lomme et Lineri) (13).
Pour le Bas-Empire, la butte aux Roches (9) à Couvin et les 2 éperons de La Roche Trouée (10) et Sainte Anne (11) à Nismes.
De belles séries monétaires prouvant une occupation des lieux pendant le IVe S. après J.C. ont été retrouvées dans ces refuges temporaires à surface très exigüe.
Les villas du Bas-Empire sont nombreuses dans la Calestienne comme en témoigne les substructions découvertes dans les Bois des Noëls à Matagne-la-Grande et la villa et les temples de Bieure à Matagne-la-Petite.
A l’époque du Haut-Empire, le tracé du diverticule vers Saint Quentin est aisément décelable dans la région mosane mais fugitif dans le secteur nismois; on le fait passer au pied de la Roche-à-Lomme ou à quelques 600 mètres au nord de ce promontoire sur les hauteurs du Franc-Bois. Il préfigure la fameuse Trouée de l’Oise bien connue dans le Moyen-Age.
Les villas et les nécropoles de cette époque y accusent une bonne densité (2 à 5 et 6 à 8). Les trésors récoltés à Nismes, Dailly et Petigny furent généralement enfouis dans le dernier quart du IIIe S.
Pour le IVe S. on ne connait que le trésor monétaire de Pesche.
Les nécropoles mérovingiennes (Dourbes, Nismes, Petigny) ne sont pas rares (19 à 22).
Au Moyen-Age, on relève les célèbres châteaux de Nismes, Dourbes, Haute-Roche et de Fagnolle (16-18).

Au déb. du Xe S., l’entre Sambre et Meuse appartenait presque entièrement au comté de Namur, issu directement du “pagus” de Lomme.
Mais la perte successive au XIe S. de Florennes et de Vierves, puis de Beaumont, Chimay et Couvin devait permettre au prince-évêque de Liège de s’implanter solidement dans la région, garanti par ses forteresses, ou “castra”, de Couvin, Florennes et Sautour.
En 1148, le prince-évêque Henry de Leyden fait restaurer les châteaux du pays afin de défendre plus sûrement l’extrême SO de la principauté (et la “Trouée de l’Oise”) enclavé entre le royaume de France et les comtés de Hainaut et de Namur et le duché de Luxembourg. Le castel de Nismes est agrandi . 1218 sera, en principe, l’époque de la plus grande extension du château fort de Nismes.

Déb. XVe S., c’est sous la tutelle de Marie de Namur que la châtellenie de Couvin (comme tout le pays de Liège) va connaître les désastres causés par l’expansion bourguignonne.
Dès 1408, les villes se liguent pour défendre leurs privilèges contre le prince-évêque Jean de Bavière (beau-frère du nouveau duc de Bourgogne Jean sans Peur).
En mai 1408, elles se révoltent et assiègent Jean de Bavière dans Maestricht.
Le 23 sept. 1408 les troupes liégeoises sont écrasées par Jean sans Peur. C’est la sanglante bataille d’Othée.
La répression est lourde et immédiate : meurtres, pillages et destructions. Les villes perdent toutes leurs libertés. Elles se doivent de rentrer tous leurs documents, chartes et privilèges à Mons; les murailles de toutes les fortifications et les maisons fortes doivent être rasées, les fossés comblés pour 100 ans. Le château de Nismes a, sans doute, subi le même sort.

En 1418, l’empereur d’Allemagne Sgismond lève la sentence de 1408 et rétabli les libres institutions.
V. 1425, Henri de Witthem peut donc faire rétablir le castel de Nismes, le limitant cependant à la partie basse.
En 1468, suite à une nouvelle révolte des Liégeois contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, se produit le sac de Liège et, en 1469; un détachement de 300 soldats bourguignons exécute la sentence et démolit (partiellement) les remparts de Couvin, Nismes, etc.
Le “siècle des malheurs” se termine par la mort de Téméraire devant Nancy en 1477 et l’avènement, en 1478, de Marie de Bourgogne qui rend son perron à Liège et sa neutralité à la principauté.

Dès le déb. du XVIe S. éclatent les guerres franco-espagnoles et la “trouée de l’Oise” livre à nouveau passsage aux armées royales et impériales avec leur lot de réquisitions et de misères.
En 1538 et 1543, le prince-évêque Robert de Berghe fait remettre en état les forts de Couvin et des environs. Les châteaux vivent cependant leurs dernières heures : le moyen-âge a pris fin un siècle plus tôt, les murailles ne résisteront plus à l’artillerie.
Les places fortes de Mariembourg (créé en 1546 par Marie de Hongrie, soeur de Charles Quint), Charlemont - Givet et Philippeville (1555) et s’implantera sur la Sambre à Maubeuge.
Dès 1554, le roi de France Henri II fait pénétrer ses troupes dans l’entre Sambre et Meuse, prend Chimay, Couvin, Fagnolle et Haute-Roche (Dourbes).
Couvin et Dailly sont brûlés, la forteresse de Mariembourg est prise. L’année suivante, le duc de Nevers est battu par les troupes de Guillaume le Taciturne qui détruit les châteaux de Couvin, Fagnolle et Boussu, “avant-postes” de Mariembourg.
On n’a pas de trace écrite de la destruction du site de Nismes. Cependant, les traces archéologiques permettent de dire qu’il a été pris en 1555.
Entre 1585 et 1606, l’église a été rebâtie et agrandie : elle est coiffée d’un grand toit à 4 pans. Désaffectée en 1845, son clocher est démoli en 1846-1850 et les murs servirent de carrière de pierres jusqu’en 1910.

En marge de ces grands conflits, le passage incessant des troupes armées obligea les populations à s’organiser en milices rurales.
Un peu partout dans les campagnes, l’église ou sa tour a dans bien des cas servi d’ultime refuge aux villageois sans défense.
Sans avoir connu le développement spectaculaire des moyens défensifs mis en oeuvre dans les églises de la Thiérache française, maînts édifices du culte furent cependant protégés par les murailles fortifiées du cimetière, tel à Nismes, ou à Doische et Gimnée.



I. c) Recherches antérieures

Le manque total de sources d’études et de rapports probants antérieurs a constitué un réel handicap lors de la reprise des fouilles. Seules quelques sources iconographiques étaient connues avant la fouille de 1991 :

- tunicelle du XVe S. : montre l’église Saint Lambert et Marie. A l’arrière plan, grand corps de bâtiment du castel avec ses 2 tours et immense toit d’ardoises.

- croquis de 1545 : édifice avec clocher à bulbe. Remplace celui détruit en 1408 (chapelle castrale du château fort de 1148).

- document iconographique : extrait du projet de 1546 du territoire à concéder à l’érection de la forteresse de Mariembourg et remplacement prévu des bornes (A.G.R., cartes et plans, n°6.491).
Le site seigneurial de Nismes est représenté. Le document indique ce qui subsiste du castel à destination principale d’église fortifiée, avant sa destruction de 1555, entouré du manoir, de la brasserie et, à l’arrière-plan, la tourelle toujours intacte.

- peintures d’Octave Tamboise qui fixe en plusieurs toiles les phases de la destruction de l’église à partir de 1891.

Investigations mal documentées en 1934 et 1974-75. Ces fouilles ont porté essentiellement sur le dégagement de la moitié avant (côté choeur) de l’église 1606 sans descendre au-delà du niveau de 1545.
Les niveaux ont été malheureusement bouleversés à maints endroits et les dallages démontés. Les déblais ont été stockés à l’arrière de l’église et dans le cimetière (une grosse partie du travail de dégagement actuel du site a d’ailleurs consisté à les évacuer en dehors de l’enceinte).
Divers sondages avaient été exécutés à l’époque en longeant les murs extérieurs, rendant le repérage des tranchées de fondation extrêment difficile.
Seul le plan général de l’église 1606 pouvait être perçu au début des fouilles de 1991.
Une partie de la basse-cour de la forteresse étant occupée par des potagers, était restée intacte.




II. a) Etude physique

Le site de l’ancienne église Saint Lambert est occupé par une fortification située sur un promontoir isolé sur 2 flancs.
L’axe du promontoir est orienté SO - NE et celui-ci est divisé en 3 parties : la partie supérieure côté NE occupée par l’emplacement d’un chatelet ou fortification avancée, protégé à sa partie supérieure par une fossé profond encore visible actuellement; la partie centrale est occupée par l’église 1606 et celle de 1545 intégrées dans l’ancienne fortification.
Les bandes de roches alternativement schisteuses et calcaires y affleurent encore en maints endroits.
La partie inférieure est occupée par le cimetière fortifié entourant l’église de 1606 et se situe apparemment en grande partie à l’extérieur de l’ancienne fortification.
L’ensemble du site surplombe d’une trentaine de mètres la résurgeance de l’Eau Noire qui constitue une défense naturelle supplémentaire.
L’accès à la fortification médiévale se faisait par le plateau surplombant l’ensemble, tandis que l’accès tardif au cimetière se trouvait côté vallée, comme en tamoigne une porte monumentale dans l’enceinte extérieure, bouchée sans doute après 1845.

II. b) Les vestiges (*)

Sur le site de l’ancien château détruit en 1554 lors des guerres de Charles Quint, subsistent les ruines de l’église paroissiale (1606) et de son cimetière fortifié.
L’édifice comporte 3 nefs. Il fut désaffecté en 1845 au profit d’une nouvelle église, puis démoli en 1890.
Certaines substructions du château ont conditionné l’architecture ultérieure. Les ruines de l’église laissent percevoir en élévation une évolution complexe.
Des vestiges d’une mononef longue et étroite occupent la moitié S. de l’édifice.
Le mur gouttereau N.O. de la mononef n’est plus perceptible que par quelques pierres de son parement intérieur et par un arrachement visible dans la paroi S.O. Deux fenêtres de tradition gothique : l’une à l’E., dont la base subsiste, désaxée par rapport aux 3 nefs actuelles, l’autre au S. antérieure au mur de refend auquel s’adossa un autel latéral : grande baie en arc brisé partiellement reconstitué en 1935, dont l’encadrement est profondément mouluré en cavet. Chevet affectant 2 retraites en faible cavet. Au niveau inférieur, porte bouchée en anse de panier.
Vers l’extrémité occidentale, bases de la porte d’entrée aux montants en cavet et congé. A terre, épais linteau droit, brisé, de même profil. La paroi O. cloture en même temps le cimetière.
Eglise ensuite doublée vers le N. pour créer 3 nefs.
Chevet épaulé par un contrefort cachant la jonction des 2 parties. Chaîne d’angle gauche et canonnière; grosse chaîne d’angle à droite.
Mur gouttereau N. venant buter contre un mur perpendiculaire d’une épaisseur de 1,50 m.
A l’opposé, trace d’une fermeture de l’enclos du cimetière : perpendiculairement à l’église, éléments d’une porte en anse de panier, dont la feuillure de rabat est épargnée dans le mur gouttereau S.
Remplacement des supports intérieurs gothiques par six colonnes toscanes encore partiellement en place.
Enceinte du cimetière plusieurs fois reconstruite, longée à l’E. par le rue Vieille Eglise où se situait l’entrée.
Du côté de la rue Saint Antoine au N., muraille fondée sur le rocher et rejoignant plus haut la seule tour encore debout de l’ancien château, à l’angle N.O.
Modeste tour circulaire de 3 niveaux dont les arquebusières et les petites baies à bossages témoignent d’une large reprise au XVIIe S.
Toiture d’ardoises polygonale, à coyau, sur corbeaux de bois parfois encore profilés.
Vers le cimetière survivent les restes d’une porte à linteau de bois, accès colmaté d’une courtine perceptible à ses arrchements.
Fondation d’une seconde tour d’enceinte sous la maison située en contrehaut.


(*) d’après Le patrimoine monumental de la Belgique. Wallonie. Vol. 9. Province de Namur. Arrondissement de Philippeville. T.2 (P-W), Liège, 1982, p.435-436.


II. c) La fouille
 

            

                 Plan de fouille église 1606

     

 

1991

Le choeur de l’église 1606 a été dégagé en sa totalité jusqu’au niveau du dernier dallage. Deux pierres tombales sont apparues ainsi qu’un fragment de pierre d’autel au centre.
Côté N. une pierre en attente lisse tandis qu’au S. une pierre portant la mention “YDELETTE RYCKMA QUI FU FEME A LOY DE HORNE” (épouse du Bailli au XVIe S.).
Le dallage était bien conservé en la moitié N. du choeur.
De nombreux boulversement, résultat des fouilles anciennes, étaient visible dans la partie S. ainsi qu’au centre du choeur.
Le tiers S. a été dégagé sur 6 niveaux plusieurs sépultures ont pu être remises à jour.
Deux maçonneries ont été dégagées sous ces niveaux.


1992

Après étude archivistique, une porte du mur Est du chevet, qui avait été bouchée sans raison lors des travaux de consolidation de 1934, a été réouverte (après relevés et photographies de l’état antérieur). Cette ouverture a permis l’installation d’une rampe mobile pour l’évacuation des déblais.

L’ensemble de la partie Sud du choeur de l’église a été dégagé.
La mise à jour et l’étude d’enduits et d’un lit de pose du dallage du mur Sud, ainsi que l’analyse d’une coupe stratigraphique effectuée dans le mur Ouest, séparant le choeur du bas-côté Sud, a permis d’établir trois niveaux de dallage successifs ayant appartenu à l’édifice religieux. Ceux-ci appartiennent à l’église 1606 (3 nefs) et à une chapelle castrale (mononef) de 1545.

Sous le niveau du premier dallage, deux murs de facture différente, déjà mis à jour en juillet 1991, ont été dégagés, à nouveau. Ces deux structures nons-orientées et non-orthogonales sont d’un intérêt primordial et pourraient appartenir au château détruit en 1554. Divers indices semblent servir cette hypothèse : mur Est épais (123 cm) avec parementage régulier et, côté Ouest, traces d’enduits et trou de solive; face supérieure des murs arrasée sous le niveau du dallage le plus ancien.
L’ensemble des structures ont été relevées et photographiées.

Sept sépultures, toutes recouvertes d’une épaisse couche de chaux, ont été découvertes sous le niveau du premier dallage. L’inhumation semble être contemporaine et daterait d’une épidémie de peste survenue en 1626-1627.
Une ou plusieurs fosses auraient été créées sous le dernier dallage (XVIIe S.), comme en atteste une traçe de fosse observée dans la stratigraphie du mur du bas-côté S. Ces tombes ont été fortement perturbées lors des investigations sauvages de 1934 et 1974-75. L’éventualité de fosses communes n’est pas exclue, toutefois certaines traçes de cerceuils ont été repérées. Aucun matériel n’a été trouvé dans les sépultures.


1993

Les travaux se sont limités à la poursuite du dégagement de la partie S.E. du choeur, ainsi qu’à la fouille d’une partie de la nef N.O. Un sondage à l’extérieur de l’édifice, côté S.E., a été ouvert.

Les fouilles 1993 ont permis la mise àjour des vestiges d’une mononef du XVIe S., occupant la moitié S.E. de l’église de 1606. Les substructions ne laissent plus apparaître que quelques pierres du parement inférieur et une pile de soubassement de l’autel. La pierre d’autel a pu être mise à jour lors des fouilles de la nef N.O., ayant servi de base pour la fondation de l’autel secondaire de l’église de 1606.

Sous la mononef, côté N.E., apparaissent plusieurs tronçons de maçonnerie, de factures, mortiers et orientations différentes. Ces murs pourraient appartenir aux différentes phases de construction et modifications de l’ancien château sous jacent, détruit en 1554, lors des guerres de Charles Quint.

Sous la nef N.O. de l’Eglise 1606, les traces de fondations d’un mur longitudinal d’une épaisseur moyenne d’environ 1m80 apparaissent par endroit sur la roche (calcaire-schiste). Les fondations de ce mur ont été conservées sous les colonnes et le mur N.O. du choeur de l’église 1606 et leur servent d’assises.

Une fosse de bronzier d’un diamètre de 1m50 a été dégagée sur 1m60 de profondeur. Elle est creusée dans le schiste et de nombreux déchets de métal ont été récoltés aux alentours.



1994

Sous le choeur de l’église 1606 et la mononef, fortement perturbés par plusieurs niveaux de sépultures, apparaissent des tronçons de maçonnerie de facture, mortiers et orientations différents, ayant pu appartenir aux fondations de la forteresse sous-jacente, ainsi qu’à une chapelle castrale dont la destruction est attestée dans les textes en 1408. La phase la plus ancienne découverte jusqu’à présent occupe la partie N.O. du choeur 1606, attestée par une mite du Prince Evêque Arnould de Hornes (1379-1389) enfouie dans la tranchée de fondation. Les autres maçonneries appartiennent vraisemblablement à 5 autres périodes de transformation de la fortification, au vu de l’épaisseur importante d’une partie des murs (1m50 à 1m80).
1995

Les investigations ont porté sur cinq secteurs de fouille, à savoir:

- à l’intérieur de l’église à 3 nefs de 1606:A - le secteur de la nef centrale
B - le secteur arrière nord

- à l’extérieur, dans l’enceinte du château médiéval sous-jacent:
C - le secteur nord, au droit du clocher 160
D - le secteur est, adossé au chevêt
E - le secteur sud, adossé à l’entrée primitive

La fouille des deux secteurs intérieurs a permis de terminer l’examen de toute la zône limitée par les quatre murs extérieurs de l’église: quatre sépultures creusées dans le schiste ont été dégagées, en relativement bonne conservation, sans aucun mobilier funéraire, à l’exception de plusieurs monnaies accompagnant les cercueils. Plusieurs d’entre elles portent la trace du ou des clous de fixation.

1. Liard (cuivre), Maximilien-Henri de Bavière, Principauté de Liège, atelier de Hasselt, entre 1650 et 1688
2. Demi liard (cuivre), idem
3. Double courte (cuivre), Philippe II, Duché de Brabant, atelier d’Anvers, vers 1571.

Ces quatre sépultures sont apparemment contemporaines de la mononef sous-jacente (voir rapport de la campagne précédente), mononef du 16e siècle, existante en 1545, ou de l’église à trois nefs dont la fin de la construction date de 1606.

La fouille de la zône B a permis de dégager l’entièreté du dallage arrière, enfoui sous plusieurs mètres de remblai datant de la désaffectation et la démolition partielle de l’immeuble, vers 1846-1850 et des anciennes fouilles du début du siècle.

Les zônes C, D et E sont encombrées également par plusieurs mètres de remblai datant des fouilles de 1936 et des années soixante. Ces dépôts anarchiques gênent considérablement la fouille et seules quelques structures sous-jacentes, datant sans doute de la fortification prise par Henri II en 1554 (dite “Château du Mousty”), ont pu être exhumées partiellement.



1996

Les investigations ont porté sur les trois secteurs de fouille prévus dans la demande 95, à savoir:

- à l’intérieur de l’église à 3 nefs de 1606: Zone 1: la continuation de la fouille du secteur Nord du choeur.
- à l’extérieur de l’église à 3 nefs: Zone 2: le secteur Est du cimetière.
- à l’extérieur, dans l’enceinte du château médiéval sous-jacent: Zone 3: le secteur Ouest, occupé par le “chatelet” ou fortification avancée du chateau du Mousty.

A. ZONE 1:

La zone 1 a permis de mettre à jour un moule à cloche datant vraisemblablement de la construction de la mononef, antérieure à l’église de 1606, et construite (d’après les textes) après 1408, incendiée en 1555 lors de la prise du château du Mousty par les armées d’Henri II.
Les plans et coupes de ce moule ont été effectués, et 24 prélèvements ont été effectués par le Centre de Physique de Dourbes (Mrs HUS et GEERAERTS) en vue de leur datation par archéomagnétisme.
Le profil complet Est-Ouest coupant le choeur et la structure du moule à cloche a été effectué.

B. ZONE 2:

La zone 2 a fait l’objet de travaux importants de dégagement des remblais anarchiques issus des fouilles de 1934 et des années soixante. Plus de 700 tonnes de remblais stériles ont été évacués du site, après leur triage en vue de conserver sur place les pierres calcaires qui seront nécessaires aux consolidations futures des substructions qui resteront mises à jour.

C. ZONE 3:

La zone 3 a fait l’objet d’un corroyage de 5m sur 5m avec bermes de 2m de large. Une tranchée perpendiculaire à la tour Nord-Ouest a recoupé la fondation de cette tour et a permis d’effectuer plusieurs profils du remplissage de la zone, jusqu’à la profondeur de 4mètres, sur le schiste en formation en place.
La fouille de cette zone a permis de recueillir successivement du matériel céramique peu abondant de Bouffioulx, d’Andenne, et de la poterie grise.

1997


Les investigations ont porté sur 4 secteurs de fouille prévues dans les demandes 95 et 96, à savoir :

- à l’intérieur de l’église à 3 nefs de 1606 : Zone 1 : la continuation de la fouille du secteur Nord du
choeur.

- à l’extérieur de l’église à 3 nefs : Zone 2a : le secteur Est du cimetière.

- à l’extérieur de l’église à 3 nefs : Zone 2b : le secteur Nord du cimetière.

- à l’extérieur, dans l’enceinte du château médiéval sous-jacent : Zone 3 : le secteur Ouest, occupé par
le “chatelet” ou fortification avancée du chateau du Mousty.

A. Zone 1 :
La poursuite de la fouille de la zone 1 avait pour but d’approfondir la fouille en vue de recouper éventuellement des maçonneries situées sous le moule à cloche dégagé en 1996. Seul e une sépulture orientée SE-NO a été dégagée ainsi que les substructions de la fin du XIVe siècle en 1 sur le plan.
Les prélèvements effectués en ‘96 par le centre physique de Dourbes ont confirmés la date de construction de la mononef v.1545.

B. Zone 2a
Le dégagement des remblais issus des fouilles de 1934 et des années ‘60 s’est poursuivi. Aucune structure en maçonnerie n’a été recoupée. Seules quelques sépultures fortement perturbées ont été localisées. Il s’agit vraissemblablement d’une zone extérieure à la fortification médiévale, zone tardive d’agrandissement du cimetière entre 1606 et 1845.

C. Zone 2b :
Une zone de 5m de large a été ouverte en vue de recuper les tranchées de fondation du mur d’enceinte exté&rieur du cimetière et du mur gouttereau Nord de l’église 1606.

D. Zone 3 :
Deux carrés de 5m sur 5m (a et b) ont été ouverts.
Un tronçon de mur de fortification d’une épaisseur moyenne de 1m carré a à 3m de profondeur. Ce mur est accompagné d’un trou de poteau qui marque peut être l’emplacement d’une porte. D’autre part 3 zones de foyer ont été localisés dans le carré A et B.
L’ensemble de ces structures a été daté par la présence de quelques tessons de sigillée dans la tranchée de fondation du mur et l’argile des foyers de l’époque romaine.



Le matériel archéologique recueilli est très peu abondant.
Le plan de l’enceinte extérieur a pu être dressé.

1998


Les travaux concernant les quatre secteurs de fouille ouverts précédemment ont été poursuivis.

A. Zone 1 (secteur nord du choeur de l’église 1606):
La fouille a permis de dégager les structures en maçonnerie calcaire attenantes au moule à cloche, dégagé en 1996. Il s’agit de la fosse de coulée qui contenait le moule et du cendrier situé en contrebas du fourneau, dont on n’a retrouvé que l’assise.
La réutilisation de trois faces d’un mur plus ancien (fin du 13e s.) qui limitait la structure, rendait le plan de l’ensemble difficile à interpréter au niveau des fonctions de ses éléments constitutifs. La fosse était encore en partie comblée d’une argile jaune de serrage du moule et le cendrier contenait une quantité importante de charbon de bois et de cendres provenant de la chauffe du four. Une datation radiocarbone va pouvoir être effectuée.
L’ensemble de la stucture se situe à l’intérieur du choeur 1606 qui lui est postérieur, et à l’extérieur de la mononef qui lui est contemporaine.

B. Zone 2a (secteur est du cimetière):
Le dégagement de la zône est s’est poursuivie. Il s’agit d’une zône très pertubée par des déblais et remblais successifs, provenant notamment des fouilles de 1934 et des années septante.
Une baie et une croix funéraire en calcaire gris encastrée dans le mur extérieur sud-est ont été dégagées. La pierre est ornée d’un christ en croix taillé en bas-relief; épitaphe en caractères gothiques, datée de 1482.

C. Zone 2b (secteur nord du cimetière):
Le dégagement de la zône nord s’est poursuivie. Zône également perturbée suite aux fouilles antérieures et à la restauration du mur d’enceinte en 1956.
Aucune structure ni sépulture n’ont été recoupées.

D. Zone 3 (zône occupée par la fortification avancée du “Chateau du Mousty” ou basse-cour):
La fouille de la zône a pu être poursuivie, au dessus du niveau d’occupation romain. Elle a permis le dégagement d’une tour semi-circulaire, qu’on peut dater vraisemblablement d’avant la 2e moitié du 13e s., suite à la découverte d’une pointe de flèche en fer dans la tranchée de fondation (type antérieur à 1270).
La tour a dû être arasée à la fin du 15e s. ou au tout début du 16e s. pour servir de plateforme à canons, comme en témoigne son remplissage au sable stabilisé sur une hauteur d’environ 1 mètre et l’arasement horizontal de sa maçonnerie, sur la partie circulaire.

Le matériel archéologique recueilli est toujours très peu abondant.

1999

Les travaux concernant les quatre secteurs de fouille ouverts précédemment ont été poursuivis.

A. Zone 1 (secteur nord du choeur de l’église 1606) (A):
La fouille a permis de dégager les structures en maçonnerie calcaire attenantes au moule à cloche, dégagé en 1996. Il s’agit de la fosse de coulée qui contenait le moule et du cendrier situé en contrebas du fourneau, dont on n’a retrouvé que l’assise.
La réutilisation de trois faces d’un mur plus ancien (1) (fin du 13e s.) qui limitait la structure, rendait le plan de l’ensemble difficile à interpréter au niveau des fonctions de ses éléments constitutifs. La fosse était encore en partie comblée d’une argile jaune de serrage du moule et le cendrier contenait une quantité importante de charbon de bois et de cendres provenant de la chauffe du four. Une datation radiocarbone va pouvoir être effectuée.
L’ensemble de la stucture se situe à l’intérieur du choeur 1606 (2) qui lui est postérieur, et à l’extérieur de la mononef (3) qui lui est contemporaine.

B. Zone 2a (secteur est du cimetière):
Le dégagement de la zone est s’est poursuivie. Il s’agit d’une zone très pertubée par des déblais et remblais successifs, provenant notamment des fouilles de 1934 et des années septante.
Une baie et une croix funéraire en calcaire gris encastrée dans le mur extérieur sud-est (4) ont été dégagées. La pierre est ornée d’un christ en croix taillé en bas-relief; épitaphe en caractères gothiques, datée de 1482.

C. Zone 2b (secteur nord du cimetière):
Le dégagement de la zone nord s’est poursuivie. Zone également perturbée suite aux fouilles antérieures et à la restauration du mur d’enceinte en 1956 (5).
Aucune structure ni sépulture n’ont été recoupées.

D. Zone 3 (zone occupée par la fortification avancée du “Chateau du Mousty” ou basse-cour):
La fouille de la zône a pu être poursuivie, au dessus du niveau d’occupation romain (6). Elle a permis le dégagement d’une tour semi-circulaire (7), qu’on peut dater vraisemblablement d’avant la 2e moitié du 13e s., suite à la découverte d’une pointe de flèche en fer dans la tranchée de fondation (type antérieur à 1270).
La tour a dû être arasée à la fin du 15e s. ou au tout début du 16e s. pour servir de plateforme à canons, comme en témoigne son remplissage au sable stabilisé sur une hauteur d’environ 1 mètre et l’arasement horizontal de sa maçonnerie, sur la partie circulaire.

Le matériel archéologique recueilli est toujours très peu abondant.
 

 
  
Sépulture du 15 e s.

I

Plan du site (cimetière et églises)
 

II. d) Le matériel archéologique

 

Inventaire lapidaire

 

 

 a)Relevé lapidaire Maison du Bailli

 

-Croix     ...DRIENNE  NIV...  1621

                        MAYER (Mayeur?)

-Pierres (ex-voto)   IHS... PIERRE NOE...1597

-Croix    ...FRANCQU   NOVEMBRE

-Croix ouvragée   ICI GHIST NICOLA RENI 1552

                                   (gothique)

 

 

b)Relevé lapidaire nouvelle église St Lambert

 

-Pierre  ...JEAN DU MOUSTIER Seigneur de (Belle Fontaine et Wissart)... 16 mars 1657

               et DAME ISABELLE POSCHET dite de Baileux

               (épouse) 14 septembre 1657

-Pierre  ...Sébastien de Martin     16 octobre 1616

 (latin)     André de Martin            30 septembre 1631

                 Catherine du Moustier  14 octobre 1637

-Pierre   ... Jacques Baillet          7 février 1708 (Bailli)

                    Françoise de Martin  8 septembre 1708

-Dalle   ...Jacques Martin 1667 (curé)

               (porte le calice des prêtres)

-Dalle  ...Augustin Toussaint  20 août 1726

                Georges Renatus Toussaint  1748

              Martin Joseph Toussaint 9 mars 1767

                        (curés)

-Dalle  ...Michel Licot 8 novembre1757

             Marie-Thérèse Joseph Rowez 17 février 1770

 

 

c) Relevé lapidaire ancienne église St Lambert

 

-Dalle dressée  ... Anne Catherine Baillet 27 décembre 1730

-Dalle effacée (?)  Marie-Françoise Gaye 6 juin 1725

 

 

d)Relevé lapidaire cimetière et ancienne église

 

-Dalle  Ydelette RYCKMA QUI FU FEME A LOY DE HORNE

-Croix cimetière   Lorette Parmentier 1584

-Croix  N. Renier 3 mai 1597

-Croix  Servais Coliche 1674

-Croix  Hofman Viresse 1579

-Croix  Gilberte           1616

-Croix  Pierre Noe  Mayeur 1592

 

 

e)Relevé lapidaire cimetère zône Est

 

-Croix  ...HENRI THIRY... 1849

 

f)Relevé lapidaire mur extérieur cimetière

 

-Croix ornée d’un christ en croix taillé en bas-relief; épitaphe en caractères gothiques, avec date (1482) et signe lapidaire (idéogramme ?)

 

 

 

 

II. e) Conclusion

 

             Quatre grandes périodes ont pu être dégagées durant les fouilles 91-97, à savoir:

 

1) Période romaine avec le dégagement d’une partie d’un mur de rempart et plusieurs foyers dans lesquels on a pu recueillir de la céramique sygillée.

 

2) Période médiévale: de nombreuses structures en maçonnerie ont été observées bien que fortement détruites par les inhumations successives sur le site et les fouilles                     antérieures.  Cette période s’étale d’après les données archéologiques de la fin du 14ème siecle (v. 1379) jusqu’en 1554,date de la prise de la forteresse par Henri II .

 

3) Première période moderne avec le dégagement de l’église 1545 et son moule à cloche, mononef située sous la grande église.

 

4) Deuxième période moderne: l’église à trois nefs de 1606, avec son cimetère fortifié occupant le bas du promontoire.

 

 

 

Les autres niveaux rencontrés sont des niveaux tardifs de transformation s’étalant jusqu’à 1845, date de désaffectation du site.

La partie médiévale du site devra faire l’objet d’une extension de la fouille et d’un approfondissement en vue d’en établir toutes les phases de modification.

 
photographies hors publications