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 LE site métallurgique gallo-romain du Tienne Jaquet

 A GERONSART (COUVIN) - CAMPAGNE 2003

 Jean-Luc PLEUGER, Elisa PLEUGER.

 

 

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Bieure 1977
 
 
 
 
 

Le chantier a été entrepris suite à des traces observées sur une photo aérienne datant de 1971 qui laissait présager la présence d’un bâtiment. La prospection au sol avait livré des morceaux de tuiles, poteries, scories de fer. La parcelle a été ouverte lors d’une campagne d’un mois. La fouille s’est avérée très décevante car aucune structure n’a pu être recoupée malgré l’ouverture de 550m de tranchées couvrant toute la superficie de la parcelle.
 

1. 2

Seule la trace incontestable d’un bas-fourneau a pu être dégagée de même qu’une meule en place, à plat sur le
schiste en formation, les fragments toujours en connexion. Les nombreux labourages du sol peu profond (d’une
moyenne de 15 à 20 cm) ont laminé les substructions vraisemblablement en bois, couvertes de tuiles (tegulae,
imbrex) comme en attestent de nombreux tessons épars.
Une aire de travail du fer devait exister à cet endroit, comme en attestent le bas-fourneau (secteur 2) et la meule
(secteur 3) sur la surface de laquelle on observe de nombreuses occlusions d’oxyde de fer. 2 fragments de lingots de fer ont également été découverts dans le secteur 4. Il devait s’agir d’un petit atelier régional de réduction de minerai de fer (voir les 200 kilos de scories récoltées lors de la fouille). La présence romaine à cet endroit est renforcée par l’existence , à quelques dizaines de mètres d’un ancien chemin romain appelé « Voye de Messe » joignant l’immense aire de travail de minerai de fer située à Géronsart-Froidchapelle (Un terril de 8543m³ de scories existait dans les bois. Ce tas a été acheté en 1865 par la Société de Couillet qui l’a transformé dans ses hauts-fourneaux) au diverticule St Quentin- Dinant( ?), passant sur le plateau de l’Ermitage à Boussu-en-Fagne. A noter également la présence d’un plan d’eau qui fut peut-être utilisé par les fondeurs gallo-romains. La poterie reste typique du deuxième siècle, en règle générale assez rudimentaire. La présence autour du site fouillé d’un parcellaire de champs en lanières apparent sur les cartes anciennes (voir illustration 4) peut faire penser à une occupation agricole antique.
Les investigations dans cette zone actuellement boisée ont révélé la présence d’un système de creux et de talus atteignant encore pour la plupart près d’un mètre de haut, que l’on pourrait attribuer à ce parcellaire fossilisé. Perpendiculaire à ce réseau , la crête de labour est encore visible à l’extrémité des anciennes parcelles.
 

  

                               2. 3.

Illustrations :
1. Une des 24 tranchées ouvertes sur le site
2. Traces d’un bas-founeau de réduction du minerai de fer d’époque romaine
3. Fragments de meule d’époque romaine encore en connexion
4. Cadastre de 1850 et les parcelles en lanières

Bibliographie :

DE NIMAL HENRI. 1911. La grosse et la petite Métallurgie. Le livre d’or de l’exposition de Charleroi, Conseil de Direction de la Société Anonyme de l’Exposition de Charleroi, Tome II, p. 294.

TAHON VICTOR. Origines de la métallurgie au pays d’Entre-Sambre et Meuse, Doc. Charleroi, XIV, 1886, p. 794.