LA RECHERCHE

 

 

 

ARCHAEOLOGIA BELGICA II - 1986

     

       

 

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 LE CHÂTEAU DE HAUTEROCHE À DOURBES 1984-85

 Jean PLUMIER et Jean-Luc PLEUGER.

 

 

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Hauteroche 1977

Hauteroche 1978
Hauteroche 1979
Hauteroche 2000
 

Le château de Hauteroche à Dourbes fait l'objet, depuis 1976, de recherches archéologiques menées parallèlement à des campagnes de conservation et de protection des vestiges dégagés. C'est le Cercle archéologique des Fagnes qui, sous l'égide du Service national des Fouilles, a entrepris ces travaux de longue haleine, dont le volet archéologique est près d'aboutir1. Ces quelques lignes ont pour but de présenter les résultats des campagnes de fouilles de 1984 et 1985, qui ont permis de préciser quelques traits de l'évolution du bâtiment, notamment par les observations stratigraphiques.L'histoire du site a déjà été brièvement retracée auparavant. Rappelons que cette "ruine", mentionnée par Ferraris sur sa Carte des Pays-bas autrichiens (1770-1778), est le résultat probable des destructions de châteaux par Guillaume le Taciturne, en 1555, dans cette région2. Si l'on peut proposer une date approximative de destruction et d'abandon quasi total de ce château par les textes et par le matériel archéologique récolté dans les couches de démolition, les niveaux les plus anciens n'ont pas encore livré d'information3. Toutefois, d'après les structures conservées et le plan d'ensemble qui a pu être dressé, il semble que la construction de cette bâtisse remonte au XIVe - XVe siècles.

            

Dessin aquarelle représentant les ruines du Château de Hauteroche à la fin du XIXe (collections de la Société Archéologique de Namur ; don de C. de Villermont

               Vue des terrasses E, E' et D

 

La position topographique du petit château de Hauteroche était idéale pour une défense aisée. A l'extrémité de ce long "plateau de Bieure", accrocher sur son éperon rocheux calcaire, il domine, de près de cinquante mètres, un méandre du Viroin.Les recherche de 1984 et 1985 ont porté sur l'intérieur et l'extérieure du château. Le "châtelet", ou défense avancée, (Q) comprise entre les deux fossés parallèles, a fait l'objet d'une tranchée de sondage de 3 sur 3 m. Aucune structure n'apparaît sous l'humus, la roche étant atteinte à moins de 10 cm de celui-ci. Par contre, un système d'entrée "en chicane" put être relevé. Une aire plane, constituée de mortier blanchâtre, avoisine directement le mur qui surplombe le premier fossé. A cet endroit, la roche a été manifestement retaillée horizontalement.
Le second fossé (R), lui a fait l'objet d'un relevé stratigraphique complet, jusqu'à la roche, juste dans l'axe de l'entrée du château (fig. 4). Le rocher apparaît ici avoir été aménagé en fonction d'un système d'accès (pont ?) dont toute reconstitution reste encore fort difficile étant donné le manque d'informations archéologiques et iconographiques.
A l'intérieur du château lui-même, une attention toute particulière a été accordée à l'examen de la stratigraphie, dans les parties les plus basses. Il s'agit des "terrasses" (E et E'), longues pièces parallèles au mur nord du bâtiment. Les différentes couches relevées ont livré un abondant matériel, varié et contenant de nombreuses monnaies.
 

Plan général du château ; dernier état, avant la destruction au milieu du XVIe siècle.  

Trois niveaux principaux attestent des occupations et destructions à des époques différentes.
Le rapport entre ces couches archéologiques et les structures en élévation a pu être vérifié au niveau des fondations. La chronologie relative de cette partie du bâtiment pourra ainsi être confirmée par l'analyse du matériel découvert.Dans la pièce voûtée de brique (O) , un mur épais fut repéré sous une couche de destruction. Presque complètement arasé, il se rapporte vraisemblablement au long mur est/ouest délimitant la terrasse (E), du côté de la cour (D'). Le lien entre ce secteur et la poterne (h') reste à préciser.
Du côté ouest du château, une coupe stratigraphique a pu être partiellement dressée, perpendiculairement a la poterne en question. Différents niveaux, riches en matériel archéologique (céramique, ossements) font penser qu'un dépotoir a dû se constituer là, à la fin de l'occupation du château.La restauration a porté sur les parties basses du donjon (mur ouest), le mur sud et les murs de séparation des pièces (K, M, N, O). Un nettoyage presque intégral du site et de ses abord permit également de dresser un plan complet, du moins des vestiges conservés en élévation. Ceci permettra vraisemblablement de clôturer les recherches dés 1986, par une série de sondages de contrôle dans la défense avancée et dans la partie ouest (pièce O, poterne H'). De ce plan d'ensemble, il ressort une évolution chronologique relative des structures. Différentes étapes dans la construction de ce château, déjà pressenties précédemment4 sont maintenant confirmées. Deux phases principales, avec elles-mêmes des subdivisions dues à des aménagements ou complètements en cours de construction, sont clairement définies.
 

     
Matériel archéologique provenant des terrasses E et E'. Vue de la coupe stratigraphique effectuée dans le fossé R.
 
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