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Au sud-est du
village, le château de Hauteroche se dresse sur un pic rocheux qui se
détache des pentes raides à l'ouest d'un vaste plateau. Ses ruines
surplombent d'une cinquantaine de mètres un méandre du Viroin. Grâce à
l'autorisation aimablement accordée par le propriétaire, M. A. Franeau, et
sous l'égide du Service National des Fouilles, l'asbl Forges Saint Roch entreprit en juillet 1977 une
première campagne de travaux qu'elle a bien l'intention de mener jusqu'au
dégagement complet et à la mise en valeur de cette petite forteresse.
Les renseignements historiques sont peu nombreux. La première mention de Dourbes apparaît dans le
polyptyque de Lobbes, parmi les propriétés de cette abbaye en 868-869. Vers
1060 et en 1064, des chartes citent un Frédéric de Dourbes comme témoin d'un
acte. Au début du XIII e siècle, deux seigneuries existaient.
Celle de Dourbes-le-Mont relevait de la seigneurie de Haybes, mouvant
elle-même de la prévôté de Poilvache et du comté de Namur. Elle fit partie
des biens d'une branche cadette (Resves) de la maison de Chimay, pour passer
ensuite dans les mains des familles de Haccourt, de Montenaken, de Bièvres
et, à la fin de l'ancien régime, des Hamal. Dourbes-le-Val appartenait avant
1219 à Yolande de Rumigny, veuve de Henri, sir de Hierges, et dépendait de
la cour de Surice, détachée de la seigneurie de Florennes. Jusqu'à la fin du
XV e siècle elle semble être restée à la branche aînée de la
maison de Jauche.
A quelle seigneurie appartenait le château de Hauteroche dont il est fait
mention pour la première fois au début du XV e siècle ? Certains
pensent à Dourbes-le-Mont mais, d'après le Comte de Villermont, il était
alors en possession de David, bâtard d'Aymeries, qui aurait tenu ses droits
sur Dourbes-le-Val par sa mère Gilette, dame de Berlaymont, de Hierges, etc.
Le château retourna ensuite à la famille de Berlaymont et passa de la maison
d'Egmont aux Pignatelli, puis aux d'Arenberg. En 1554, pendant les guerres
entre l'Espagne et la France opposant Henri II à Charles-Quint, le château
de Dourbes tomba aux mains du connétable Anne de Montmorency. L'année
suivante, Guillaume le Taciturne contre-attaqua et s'empara des châteaux de
Fagnolles, Couvin et Boussu, qui furent démantelés. Dourbes subit sans doute
le même sort.
Les murailles extérieures,
épaisses
de 1,30 m à 1,40m, forment un plan presque rectangulaire (28,70m sur
21,90m), caractéristique des forteresses bâties au XIII e siècle
sous l'influence de l'architecture militaire française. Seul au côté sud, le
tracé est adapté à la configuration du rocher. La courtine nord s'élève plus
bas sur la pente et est encore conservée sur une hauteur de plusieurs
mètres. L'imposant donjon occupe le point culminant sans l'angle sud-est.
Faisant face au point d'accès le plus aisé, par le plateau, il commande
l'entrée protégée par un fossé. Plus loin se voient encore quelques ruines
d'une basse-cour ou d'une défense avancée, cernée par un second fossé. Epais de 2,30m à 2,60m à la base, les murs du donjon forment un rectangle de
8,50m sur environ 8,25m. Une cave autrefois voûtée et avec une niche dans la
paroi est, occupe le bas. Dans l'angle nord-ouest, un passage étroit menait
probablement à la salle supérieure. Les murs sud et ouest sont conservés sur
une hauteur de deux étages planchéiés, chacun avec une fenêtre étroite
s'ouvrant au sud. Deux passages existaient à l'angle sud-ouest. Ils menaient
probablement au chemin de ronde au premier étage et à une latrine extérieure
posée sur des corbeaux au second. Au somment de la tour, d'autres corbeaux
portaient peut-être une superstructure en saillie.
Longeant la face nord du donjon, l'entrée est constituée d'un simple
corridor de 3,5m sur 4,65m, fermé à l'intérieur par une porte étroite 1,25m
à vantail unique. Le seuil est formé d'une grande dalle de 1,90m sur 0,45m.
Cette porte fut reparementée ultérieurement lorsque deux tourelles pleines
furent appliquées à l'extérieur, réduisant le passage à environ 1,75m de
largeur. La voûte portant une salle au-dessus du couloir appartient
probablement à ce remaniement. L'entrée est flanquée au nord d'une seconde tour rectangulaire de 6,70m sur
5,70m, aux murs épais de 1,15m à 1,75m. Une porte ébrasée y donnait accès de
l'intérieur. Son seuil se situe 2m plus bas que l'entrée du château. A ce
niveau apparaissent, dans la tour, des murs qui réduisent sa surface de
3,82m sur 3m à 2,03m sur 2,07m. Ils pourraient appartenir à une construction
antérieure ou plus probablement à une citerne dont le fond n'a pas encore
été atteint. Quelques tessons du XIV e siècle et une meule y
furent découverts. La porte et une niche carrée dans la paroi opposée ont
été murés ultérieurement. L'intérieur du château, probablement occupé en grande partie par une cour
intérieure, est entièrement comblé de débris. Dans la moitié ouest
apparaissent ça et là des pas de murs de caves voûtées. Un escalier en
maçonnerie descend vers une poterne étroite, accessible par un passage
étroit longeant le rempart ouest au bord de l'éperon.
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